Acces nonvoyant, recommandé pour les personnes utilisant une synthèse vocale
Accueil

Accueil > La Cour d'appel d'Aix-en-Provence > Histoire et patrimoine > Portraits de personnages célèbres de la Cour d'appel

05 mars 2008

Portraits de personnages célèbres de la Cour d'appel

Affichés dans la salle des pas perdus, ces portraits d'hommes de droit, célèbres, ont traversé l'Histoire.

Michel de Rys, président du parlement de Provence

Michel de Rys ( 1501-1502)
Président du Parlement de Provence

Jusqu’en 1541, le Parlement de Provence ne comptait qu’un seul Président. Le premier était un italien, Michel Riccio ou de Rys, qui n’a en fait jamais exercé sa charge à Aix.
Courtisan proche du roi Louis XII, il avait été envoyé pour marquer l’emprise du roi sur la Provence et sur son Parlement. Resté une seule année en charge, il a été successivement avocat du roi à Naples, conseiller au Parlement de Bourgogne, lieutenant général en Provence et sénateur de Milan.

 

 

 

Jean Maynier (1495-1558)
Baron d’Oppède
Jean Maynier, baron d'Oppède, 1er président du parlement de Provence

Premier Président du Parlement de Provence, Jean Maynier d’Oppède est surtout connu comme l’exécuteur de l’arrêt du Parlement du 18 novembre 1540 contre les Vaudois qui ordonnait la destruction du village de Mérindol.
Plusieurs villages du Luberon, dont Cabrières, Mérindol et Lourmarin ont été détruits, 6 000 personnes ont été massacrées et 600 prisonniers envoyés aux galères. D’abord favorable à l’opération, François 1er a ensuite prescrit une enquête au terme de laquelle Maynier d’Oppède a été arrêté et le Parlement d’Aix traduit devant celui de Paris.
Finalement tous les accusés ont été absous et Jean Maynier a retrouvé ses fonctions en 1554. Dès lors la politique répressive de Parlement envers les protestants s’est inscrite dans un durcissement général de la politique royale pendant les dernières années du règne d’Henri II.
Avec la mort de Jean Maynier en 1558 s’éteignait la famille des Maynier d‘ Oppède, dont les biens et le nom passèrent dans la maison de Forbin-de-la-Far.

 

 

Guillaume du Vair, 1er président du parlement de Provence

Guillaume du Vair (1599-1616)
Premier président du Parlement de Provence

D’origine parisienne, Guillaume du Vair a commencé sa carrière comme conseiller au Parlement de Paris et conseiller d’Etat. Partisan d’Henri IV, il a été envoyé en Provence immédiatement après la promulgation de l’Edit de Nantes pour conforter le pouvoir du roi dans la région.
Il a d’abord été président de la chambre souveraine de Marseille, une chambre spéciale créée pendant les guerres de religion, puis premier président du Parlement de Provence. Il est devenu célèbre à) la suite de l'affaire du cuiré des Accoules.  Chargé des poursuites, Guillaume du Vair s'est illustré dans cette affaire qui conduisit Louis Gaufridy, accusé de sorcellerie, au bûcher.
Il a ensuite été rappelé à Paris comme garde des sceaux du roi de France en 1616. Il exerçait également des fonctions religieuses en tant qu'évêque de Lisieux.
Moraliste et orateur réputé, il est l’auteur d’ouvrages de grande qualité, dont un Traité de l’éloquence française.

 

 

Claude-Nicolas Fabri de Peiresc (1580-1637)    Claude Nicolas Fabri de Peiresc

Conseiller au Parlement de Provence           

Claude-Nicolas Fabri de Peiresc a été reçu conseiller au Parlement de Provence en 1607 dans la charge que son oncle lui avait cédée. Il était également abbé de Guistres en Guyenne. Il est surtout célèbre pour son activité scientifique. Passionné d’astronomie et de botanique, collectionneur et bibliophile, il était considéré comme un des plus illustres savants de son siècle.

Il a propagé les idées de Galilée, rassemblé des collections de tout ordre, dont une collection d’ouvrages précieux qui constitue un des noyaux de la bibliothèque Inguimbertine de Carpentras. Il n’a pas laissé lui-même d’ouvrages mais une impressionnante correspondance avec tous les érudits et savants de son temps.

 

 

Pierre-Cardin Lebret, conseiller au parlement de Provence

Pierre-Cardin Lebret (1691-1710)
Premier président du Parlement de Provence

Les Lebret étaient issus d’une famille de grands magistrats parisiens. Ils se sont succédés pendant toute la seconde moitié du règne de Louis XIV comme intendants de la généralité de Provence et premiers présidents du Parlement. Ils ont été véritablement les hommes du roi, envoyés à Aix pour contrôler la province et le Parlement.
Pierre-Cardin Lebret commencesa carrière à Paris comme conseiller au Parlement, puis est nommé dans plusieurs généralités du pays comme intendant avant d’être envoyé à Aix. Son fils lui succédera dans ses fonctions.

 

 

 

Cardin Lebret, 1er président du parlement de Provence

Cardin Lebret (1675-1734)
Premier président du Parlement de Provence

Conseiller au Parlement de Provence, il a d’abord exercé la charge d’intendant de la généralité de Béarn, avant de reprendre celle de premier président du Parlement de Provence dont son père avait été précédemment investi.
Sa présidence a été marquée par l’affaire Girard-La Cadière et le soutien qu’il a accordé au parti jésuite n’a pas manqué d’exciter la colère des jansénistes qui ont jeté des pierres sur son carrosse le jour où l’arrêt relaxant le confesseur licencieux de l’imputation de sorcellerie a été rendu.

 

 

 

 

Gaspard de Gueidan, avocat général au Parlement de Provence

Gaspard de Gueidan (1688-1767)
Avocat général au Parlement de Provence –
Président à mortier au Parlement de Provence

Fils d’un conseiller à la cour des comptes, Gaspard de Gueidan est devenu avocat général en 1714. En 1740 il a quitté le rang des gens du roi pour acquérir une charge de président à mortier au Parlement.
A partir de cette époque, Gaspard de Gueidan se met en tête de rattacher sa famille à la noblesse d’épée. Il s’nvente des origines nobles remontant aux Croisades et fait même réaliser par un artiste aixois, Chastel, un gisant à la gloire d’un ancêtre imaginaire, conservé aujourd’hui au musée Granet.
Dans une période de réaction nobiliaire où se multipliaient les enquêtes sur les quartiers de noblesse, ses manœuvres n’ont échappé à personne et ont fait de lui la risée d’Aix.

 

 

Alexandre de Boyer d'Eguilles,Président à mortier au Parlement de Provence

Alexandre de Boyer d’Eguilles (1708-1783)
Président à mortier au Parlement de Provence

Fils d’un procureur général au Parlement, Alexandre de Boyer d’Eguilles a d’abord fait, comme chevalier de l’ordre de Malte, une carrière d’officier de marine.Devenu en 1747 président à mortier au Parlement de Provence, baron d’Eguilles, ce noble de robe et d’épée, défenseur des valeurs de la monarchie et de la religion s’est, suivant l’exemple de son père, rangé dans le camp jésuite, contre le parti janséniste. Ce soutien lui a valu, lors de la suppression de la Compagnie de Jésus en 1762, d’être banni du Parlement de Provence et frappé d’une amende de 10 000 livres, sanctions désavouées ensuite par le Conseil du roi.
Boyer d’Eguilles, membre de l’académie d’Aix dès 1736, était aussi un homme des Lumières, épris de littérature et de philosophie.

 

 

Jean-Pierre François Ripert de Monclar, Procureur général au Parlement de Provence

Jean-Pierre François Ripert de Monclar (1711- 1773)Procureur général au Parlement de Provence

Rippert de Monclar a succédé à son père comme procureur général. Bien qu’ancien élève des jésuites au collège d’Harcourt (actuel lycée Saint-Louis de Paris), il a été dans sa charge l’un des principaux adversaires de la Compagnie, q’il a contribué, par un réquisitoire énergique prononcé en 1762, à faire interdire dans le ressort du Parlement de Provence.Sa mort à Saint-Saturnin d’Apt en 1773 a été sujet à polémique. Le vicaire de Saint-Saturnin et l’évêque d’Apt ont en effet prétendu que Monclar avait reconnu la bulle d’Unigenitus sur son lit de mort et regretté ses attaques contre les jésuites, ce que sa famille n’a pas manqué de contester.

 

 

Avocats en Révolution, Jean-Etienne-Marie Portalis, Joseph-Jérôme Siméon , Jean-Joseph-Pierre PascalisAvocats en Révolution
Jean-Etienne-Marie Portalis (1745-1806)
Joseph-Jérôme Siméon (1749-1849)
Jean-Joseph-Pierre Pascalis (1732-1790)

Tous avocats au Parlement de Provence dans les dernières décennies de l’Ancien Régime, ces trois hommes ont eu, sous la Révolution, des destinées contrastées.
Pascalis a prononcé un discours défavorable à la suppression de Parlement de Provence qui lui a valu d’être pendu à un réverbère en décembre 1790.
Portalis a débuté au barreau d’Aix vers 1763 et plaidé avec succès devant le parlement la cause de la comtesse de Mirabeau contre son mari. Député aux Etats généraux, il a été incarcéré sous la Terreur et libéré après thermidor. Il est devenu membre du Conseil des Anciens, qu’il a présidé en 1795-1796. Sa carrière s’est terminée en apothéose : l’un des principaux rédacteurs du code civil, négociateur du Concordat, il a été ministre des Cultes de 1804 à sa disparition.
Siméon, avocat en 1769, professeur de droit à l’université d’Aix-en-Provence à partir de 1778, puis assesseur de Provence en 1783, a émigré en Italie au début de la Révolution et a repris ses activités après thermidor avant d’être élu en l’an V président de la chambre des Cinq Cents. Membre du Tribunat et conseiller d’Etat sous l’Empire, il a présidé la Cour des comptes de 1837 à 1839.

 

 

Alexandre Jules Antoine Fauris de Saint Vincens

Alexandre Jules Antoine Fauris de Saint Vincens (1750-1819)
Président du Parlement de Provence
Premier président de la Cour d’appel d’Aix

Encore en charge en 1789, Fauris de Saint Vincens a survécu à la Révolution et a été le 2ème magistrat à exercer, sous l’Empire, la fonction de Premier président de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, en menant parallèlement une carrière politique comme maire de la ville et député au Corps législatif.
Reprenant la tradition familiale d’érudition, ce bibliophile correspondant de l’Institut a rédigé, surtout après la Révolution, de nombreux mémoires d’histoire, de numismatique et d’archéologie. Il a appartenu à plusieurs académies et a été l’un des fondateurs de l’académie d’Aix. Sa bibliothèque est l’un des fonds constitutifs de la bibliothèque Méjanes.

 

 

Toussaint-Joseph Borely,Procureur général près de la Cour d’appel d’Aix-en-ProvenceToussaint-Joseph Borely (1788-1875)
Procureur général près de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence

Ami d’Adolphe Thiers, Borély était vice-président du tribunal de Marseille sous la Restauration et l’un des principaux animateurs du parti libéral de la ville, participant à ce titre à la création de journaux d’opposition, comme le Sémaphore.
Il est nommé procureur général d'Aix après la Révolution de juillet 1830 mais ses idées libérales lui valent une retraite anticipée en 1847. A la suite de la Révolution de 1848, il est promu premier président honoraire de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence.
Fidèle toute sa vie à ses convictions libérales, Borély a participé aux premières réflexions sur l’utilité de la peine de mort et milité pour l’indépendance de la magistrature et le respect de la liberté de la presse.

 

 

Adolphe Thiers, Avocat au barreau d’Aix-en-ProvenceAdolphe Thiers (1797-1877)
Avocat au barreau d’Aix-en-Provence

Avant de partir pour Paris, Adolphe Thiers a fait ses études de droit à la faculté d’Aix-en-Provence. Avocat en 1848, il a plaidé quelques affaires à Aix, où il a été député de 1830 à 1848.
Thiers est évidemment plus célèbre pour son action politique à Paris que pour sa carrière d’avocat aixois. Il a été plusieurs fois ministre et chef de gouvernement sous la Monarchie de juillet, avant d’être élu député conservateur sous la Seconde République. Exilé un temps en Suisse par Napoléon III, il a ensuite pris la tête de l’opposition libérale. Après Sedan et la chute du Second Empire, il a négocié la paix avec Bismarck au début de l’année 1871.
Bien que sa mémoire ait été entachée par la répression violente de la Commune de Paris, il a, comme premier président de la IIIe République, témoigné d’une sincère conversion aux idéaux républicains qui lui a valu de se faire évincer en 1873 par la majorité conservatrice, au bénéfice du maréchal de Mac-Mahon.

 

 

Jules Sauteron de Seranon

Jules Sauteron de Seranon (1820-1891)
Avocat au barreau d’Aix-en-Provence
Bâtonnier de l’ordre des avocats

Jules Sauteron de Seranon était issu d’une ancienne famille provençale appartenant à la fois à la noblesse de robe et à la noblesse d’épée. Avocat en 1813, il était connu pour son talent oratoire et ses qualités de juriste. Il a été bâtonnier de 1868 à 1886. S’intéressant également à la politique, il a été conseiller municipal d’Aix-en-Provence. De conversion franc-maçonne, il devient membre actif de l’académie d’Aix à partir de 1858.
Il reste aujourd'hui encore familier aux avocats du barreau d’Aix puisqu’un prix à son nom est décerné chaque année à un jeune avocat méritant.

 

 

 

 

Benjamin Abram

Benjamin Abram (1846-1938)
Avocat au barreau d’Aix-en-Provence
Bâtonnier de l’ordre des avocats

Au sortir du lycée de Marseille, Benjamin Abram s’est fixé à Aix. Docteur en droit et avocat, inscrit au barreau d’Aix depuis 1866, il a été bâtonnier de l’ordre de 1885 à 1887.Républicain, juif et franc-maçon, il préside le Conseil général des Bouches-du-Rhône en 1886-1887 avant d’être élu conseiller municipal puis maire d’Aix-en-Provence de 1888 à 1896. A la fin de son mandat, il de trouve très affecté par les conséquences de l’affaire Dreyfus, dans une ville où les conservateurs et les anti-dreyfusards étaient très influents.

 

 

 

 

Jules Drujon

Jules Drujon (1849-1927)
Avocat à Tarascon puis à Aix
Bâtonnier de l’ordre des avocats

Originaire de Tarascon, Jules Drujon a d’abord été avocat dans cette ville, où il a succédé à son père, avant de s’inscrire au barreau d’Aix-en-Provence en 1875. Il a été bâtonnier de 1894 à 1895.
Membre de l’académie d’Aix-en-Provence, il mène également une carrière politique. Il est battu aux élections cantonales de 1889, où il se présente sous l’étiquette de conservateur, dans une période de grande agitation autour des questions scolaires et de la laïcité.
Il a ensuite été élu conseiller municipal d’opposition, à Aix-en-Provence, face à la liste majoritaire de Benjamin Abram.

 

 

 

Raymond Filippi

Raymond Filippi (1910- 1976)
Avocat au barreau d’Aix-en-Provence
Bâtonnier de l’ordre des avocats

Inscrit au barreau d’Aix-en-Provence à partir de 1931, Raymond Filippi était un pénaliste réputé, plaidant dans de nombreuses affaires célèbres, dont celle des bijoux de Bégum.
Son bâtonnat, durant l’année judiciaire 1968-1969, a été marqué par les évènements de mai. Il était notamment adversaire du projet de création d’une grande profession unique rassemblant avocats, avoués, agréés et conseils juridiques.
Sa dernière affaire était celle d’Aléria, en juin 1976, où il défendait les autonomistes corses. Pris d’un malaise au premier jour d’audience, il devra renoncer à plaider.
Homme de gauche, membre influent du parti socialiste, entretenant des relations étroites avec Félix Gouin et le président Vincent Auriol, il a été maire d’Istres.

 

 

Max Juvénal

Max Juvénal (1905-1985)
Avocat au barreau d’Aix-en-ProvenceBâtonnier de l’ordre des avocats

Max Juvénal s’est inscrit au barreau d’Aix-en-Provence en 1929. Sa vie a basculé avec a seconde guerre mondiale. Fait prisonnier, il s’est évadé et est entré dans la Résistance. A la libération, il a été vice-président du Comité régional de Libération puis membre de la Haute cour de justice.
Il a par la suite mené de front une carrière politique brillante (successivement ou simultanément président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, député et maire de Saint-Mandrier) et l’exercice de sa profession d’avocat, à la tête d’un cabinet prospère.Membre du Conseil supérieur de la magistrature, il a été un élément moteur de l’Association nationale des avocats, avoués, agréés et conseillers juridiques. Il a également participé à la création de la Caisse de règlements pécuniaires du barreau d’Aix-en-Provence, la CARSAIX, dont il a été le président.

 

 

Georges Beljean, Procureur général près de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence

Georges Beljean ( 1927-1993)
Procureur général près de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence

Toulousain d’origine, Georges Beljean a mené une carrière exemplaire de « parquetier » : substitut à Valenciennes en 1954 puis à Nantes en 1956, procureur à Limoges en 1965, procureur général à Besançon en 1974 et à Orléans en 1978. Après un premier passage, en 1973, à l’administration centrale de la justice comme directeur de l’Administration pénitentiaire, il a été appelé en 1981 par Robert Badinter, garde des sceaux, à la direction de son cabinet. La fonction de procureur près de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, qu’il a assuré de 1982 à1987, a été son dernier poste.
Inaugurant la place du « Procureur général Beljean » qui sépare la palais Monclar du palais Verdun, Robert Badinter devait évoquer ce magistrat à « la tournure superbe des officiers de la garde impériale que Géricault aurait aimé peindre en uniforme de hussard, maîtrisant un cheval cabré sur fond de bataille ».

pied de page